SOMMEIL
Le sommeil est une perte de conscience (mais sans
perte de
la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une
diminution progressive du tonus musculaire, survenant à
intervalles réguliers et dont le rôle est encore mal connu.
L'alternance veille-sommeil correspond à l'un des cycles
fondamentaux chez les animaux : le rythme circadien. Chez
l'homme, le sommeil occupe près d'un tiers de sa vie.
Le sommeil se distingue de l'inconscience (ou
coma) par une
absence d'abolition des réflexes et par la capacité de la
personne endormie à ouvrir les yeux et à réagir à la parole et
au toucher.
Il existe une organisation du sommeil et de ses
trois états.
On parle de cycle circadien pour l'alternance entre la veille
et le sommeil. On parle de cycle ultradien pour l'alternance
entre le sommeil lent et le sommeil paradoxal.
Historique des
recherches sur le
sommeil
Le sommeil, tant sa régulation que son rôle, reste
un
mystère.
Dès 1937, le neurophysiologiste américain Alfred
Lee Loomis
mit en évidence cinq phases successives dans une nuit de
sommeil, grâce à l'électro-encéphalogramme (EEG), qu'il nomma
de A à E.
* A et B
correspondaient à la phase
d'endormissement ;
* C au sommeil léger ;
* D et E au sommeil profond.
Nathaniel Kleitman, qui dirigeait une unité de
sommeil à
l'Université de Chicago, réduisit le nombre de phases de
sommeil à quatre :
* A et B
constituaient un premier stade I
;
* C un second stade ;
* D un troisième ;
* E un quatrième,
l'ensemble constituant le sommeil lent (SL).
Un de ses assistants, Eugène Aserinsky, remarqua
sur
l'électroencéphalogramme des oscillations de grande amplitude,
correspondant à des mouvements oculaires, un relâchement du
tonus musculaire de la nuque (chez l'homme qui peut relâcher
volontairement ces muscles et ceux du menton), suivi d'une
intense activité du cortex cérébral lorsque les sujets
amorçaient le quatrième stade. La présence de mouvements
oculaires rapides ou MOR (REM, Rapid eye movements en anglais)
permit d'assimiler cette phase aux rêves : elle fut alors
baptisée « sommeil rapide » ou « paradoxal » en 1961 par le
français Michel Jouvet, alors chercheur au CNRS à Lyon.
Alors que l'on pensait qu'aucun animal ne pouvait
vivre sans
sommeil (chose vérifiée chez les rats et les oiseaux), des
observations d'orques et de grands dauphins ont prouvé le
contraire. Une équipe de chercheurs de l'Université de
Californie à Los Angeles (UCLA) dirigée par le professeur Jerry
Siegel, a remarqué que pendant plusieurs mois après leurs
accouchements, les femelles et leurs petits ne dormaient pas.
Cet éveil permettrait aux petits :
* d'échapper aux
prédateurs,
* de maintenir leur température
corporelle
car ils ne disposent pas encore de graisse protectrice,
* de remonter très souvent à la surface
pour
respirer, toutes les 3 à 30 secondes,
* de favoriser la croissance rapide de
leur
cerveau et de leur corps.
Petit à petit, les femelles et leurs petits
retrouvent un
rythme de sommeil « normal ». Cette étude est publiée dans
l'édition du 30 juin 2005 de la revue scientifique
Nature[1].
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