MALADIE DU SOMMEIL
Maladie du
sommeil CIM-10 :
B56
Trypanosoma brucei dans le sang d'un patient
atteint de
trypanosomiase africaine, couramment appelée maladie du
sommeil.
La trypanosomiase africaine, couramment appelée
maladie du
sommeil, est une forme de trypanosomiase, une maladie
parasitaire provoquée par un trypanosome (protozoaire
flagellé), qui est transmis par la piqûre de la mouche tsé-tsé
ou glossine et qui affecte les hommes et les animaux.
Deux sous-espèces d'un trypanosome (Trypanosoma
brucei)
génèrent chez l'Homme des pathologies différentes :
* Trypanosoma
brucei ssp.gambiense
(Afrique de l'Ouest)
* Trypanosome brucei ssp. rhodensiense
(Afrique de l'Est)
La maladie est endémique dans certaines régions de
l’Afrique
sub-saharienne, couvrant environ 36 pays et menaçant
potentiellement 60 millions de personnes. On estime que 50 000
à 70 000 personnes sont actuellement infectées par an, le
nombre ayant diminué légèrement ces dernières années.
Trois épidémies majeures se sont produites ces
cent
dernières années, une en 1896-1906 et les deux autres en 1920
et 1970.
La trypanosomiase animale est appelée nagana.
Caractéristiques
cliniques
Les symptômes commencent par de la fièvre, des
maux de tête,
et des douleurs articulaires. Comme les parasites pénètrent
dans l’organisme à la fois par le sang et par le système
lymphatique, les ganglions lymphatiques gonflent souvent et
atteignent des tailles énormes. Le signe de Winterbottom,
adénopathies cervicales postérieures (ganglions derrière le
cou) peut apparaître. En l’absence de traitement, la maladie
déborde progressivement les défenses de la personne infectée,
et de nouveaux symptômes apparaissent, notamment l’anémie, les
troubles endocriniens, cardiaques, et rénaux. La maladie entre
alors dans sa phase de troubles neurologiques quand le parasite
traverse la barrière hématoencéphalique. Les symptômes de cette
deuxième phase donnent son nom à la maladie; en plus de la
confusion mentale et des troubles de la coordination, le cycle
du sommeil est perturbé, ce qui entraîne des accès de fatigue
alternant avec des périodes d’agitation maniaque apparaissant
le jour avec un assoupissement et la nuit avec l'insomnie. Sans
traitement, la maladie est mortelle, avec une détérioration
mentale progressive aboutissant au coma et à la mort. Les
dommages causés dans la phase neurologique peuvent être
irréversibles.
En plus de la piqûre par la mouche tsé-tsé, la
maladie peut
se contracter de la manière suivante :
* De la mère à
l'enfant : le trypanosome
peut traverser la barrière placentaire et infecter le fœtus,
avec un risque de mort périnatale.
* En laboratoire : infections
accidentelles,
par exemple, au cours de la manipulation du sang d’une personne
infectée ou par une transplantation et d'organe, bien que ce
soit rare.
* Sexuellement : avoir des rapports non
protégés avec une personne atteinte pourrait la transmettre
mais les cas avérés sont anecdotiques.
Histoire
Cette affection existe en Afrique au moins depuis
le XIVe
siècle, et probablement depuis des milliers d'années
auparavant. L'agent causal et son vecteur n'ont été identifiés
qu’en 1902-1903 par Sir David Bruce, et l’identification
précise des protozoaires n'a été faite qu'en 1910. Le premier
traitement efficace, l’Atoxyl, un dérivé de l’arsenic mis au
point par Paul Ehrlich et Kiyoshi Shiga a été introduit en 1910
mais il présentait un risque d’effets secondaires sérieux, la
cécité. De nombreuses molécules ont été présentées depuis lors
pour traiter la maladie.
Il y a eu trois épidémies graves en Afrique au
cours du
dernier siècle : une entre 1896 et 1906, atteignant surtout
l’Ouganda et le bassin du Congo, une en 1920 dans plusieurs
pays africains, et une qui a commencé en 1970 et est encore en
progression. L'épidémie de 1920 a été arrêtée par des équipes
mobiles examinant systématiquement des millions de personnes en
danger. La maladie avait pratiquement disparu entre 1960 et
1965. Après ce succès, le dépistage et la surveillance
s’étaient relâchés après le départ des autorités coloniales, et
la maladie a réapparu sous forme endémique dans plusieurs
foyers au cours des trente dernières années[1].
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