HYPNOSE
Les termes « hypnologie » et « hypnotique »
apparaissent
dans le Dictionnaire de l'Académie Française en 1814[1] et les
termes « hypnotisme » et « hypnose » sont proposés par Étienne
Félix d'Henin de Cuvillers dès 1820[2]. On attribue souvent
l'invention du terme hypnose au médecin écossais James Braid en
1843.
Histoire de
l'Hypnose
L'histoire de l'hypnose dépasse de beaucoup celle
de la
psychothérapie. Cette vieille pratique a toujours négocié avec
les frontières : sciences, occultisme, spectacle, thérapie,
etc. si bien que son utilisation dans un cadre thérapeutique a
toujours été source de controverses, sans doute parce que la
thérapeutique elle-même est prise dans ce même jeu des
frontières : entre thérapeutiques officielles "scientifiques",
thérapeutiques traditionnelles, thérapeutiques spirituelles,
etc. Une des controverses passionnantes qui a traversé les
pratiques hypnotiques est rapportée par Bertrand Méheust dans
son travail sur le courant du magnétisme animal (Mesmer,
Puységur, ...). Pour résumer, ont émergés 2 grands courants de
pensée chez les praticiens de la transe : les partisans du
magnétisme animal, pour qui la transe est une amplification du
champ de conscience du Moi ; les partisans du courant
hypnotique pour qui l'hypnose est une restriction du champ de
conscience et l'accès aux automatismes inconscients. Il semble
en tous cas que les sujets en transe ont su répondre avec
habileté aux expériences des uns et des autres en donnant
raison... aux deux ! se montrant tantôt d'une manière, tantôt
d'une autre, en fonction des attentes des expérimentateurs et
des croyances culturelles de l'époque. L'histoire a surtout
retenue la seconde version et les partisans du magnétisme
animal (qui comptaient des personnes illustres comme Bergson)
sont tombés dans l'oubli. Cependant, ces deux courants de
pensée (l'hypnose comme amplificateur de conscience et hypnose
comme réduction de la conscience) continue de traverser les
débats entre praticiens et théoriciens.
L'hypnose
comme état de
conscience
L'hypnose est un état modifié de conscience
différent de
celui produit par la relaxation ou la méditation. Cet état peut
être léger (rêverie, transe hypnotique légère, hypnagogique ou
hypnogogique), hypnopompique ou plus profond.
« L'hypnose offre
tant au patient qu'au
thérapeute un accès aisé à l'esprit inconscient du patient.
Elle permet de s'occuper directement de ces forces
inconscientes qui sont sous-jacentes aux perturbations de la
personnalité, et elle autorise l'identification de ces éléments
de l'expérience de vie d'un individu qui ont de l'importance
pour la personnalité et auxquels on doit accorder toute
l'attention requise si l'on souhaite obtenir des résultats
thérapeutiques. Seule l'hypnose peut donner un accès aisé,
rapide et large à l'inconscient, inconscient que l'histoire de
la psychothérapie a montré être d'une telle importance dans le
traitement des désordres aigus de la personnalité. » Milton
Erickson
Léon Chertok considère l'hypnose comme un
"quatrième état de
l'organisme actuellement non objectivable" dont les racines
profondes vont jusqu'à l'hypnose animale. Cet état renverrait
aux "relations pré-langagières d'attachemenent de l'enfant". Il
se manifesterait électivement dans toutes les situations de
pertubation entre le sujet et son environnement. (L'hypnose,
Payot, petite bibliothèque payot, Leon Chertok, 1989. Paris.
Page 313).
Certains considèrent que l'hypnose se différencie
des autres
états modifiés de conscience par la dissociation entre le
conscient et l'inconscient. Cette dissociation permet à
l'inconscient de se libérer des entraves et blocages du
conscient et de se manifester de façon autonome par des
phénomènes hypnotiques tels que la catalepsie, l'amnésie,
l'hypermnésie, l'anesthésie, ou la régression en âge. C'est la
présence de ce fonctionnement dissocié de l'inconscient qui
permettrait de caractériser l'état d'hypnose.
Milton Erickson définit aussi l'hypnose comme un
état
d'hyper concentration.
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